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Au maître, au confrère, à l'ami : florilège d'envois à Paul Bourget

Anatole France (1844-1924)

Élu en 1896 à l’Académie française, soit deux ans après Bourget, Anatole France a marqué, comme son confrère, la littérature de la Belle Époque. Admirateurs de Taine, les deux auteurs avaient fréquenté, dès 1873, les mêmes salons littéraires, dont ceux de Juliette Adam et de Julia Allard, épouse d’Alphonse Daudet et mère de Léon Daudet. Les deux écrivains sont les principaux modèles du personnage de Bergotte (anagramme manquée de Bourget) dans l’œuvre de Proust. Débutant comme lui en littérature par la poésie, Paul Bourget dédia à son ami de jeunesse en 1874, l’un de ses sonnets, Les Dieux, dans son premier recueil, La Vie inquiète. Ils déploient des thématiques communes dans leurs romans, dont celles de l’enracinement et des théories scientistes de leur temps. Anatole France réagit d’ailleurs vivement lors de la querelle du Disciple, mais dit se fortifier dans L’Imitation de Jésus-Christ après la lecture de Mensonges de Bourget, livre qu’il jugea « douloureux » (La Vie littéraire, Calmann-Lévy, 1921, p. 348-355). Ils se retrouvèrent aussi lors des Dîners Balzac avec Émile Zola et Alphonse Daudet notamment. Leurs désaccords politiques au moment de l’Affaire Dreyfus les éloignèrent, mais n’entamèrent pas complètement leur amitié et leur estime mutuelles. Dans un article élogieux paru dans L’Illustration du 25 octobre 1924, Bourget prononça l’éloge funèbre d’Anatole France, qui eut, malgré sa volonté testamentaire, des obsèques nationales, contrairement à Bourget.

Pour en savoir plus :
MÉTAYER, Guillaume, Anatole France et le nationalisme littéraire. Scepticisme et tradition, Paris, Éditions du Félin, 2011.




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