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Au maître, au confrère, à l'ami : florilège d'envois à Paul Bourget

Léon Daudet (1867-1942)

Fils d’Alphonse Daudet, Léon Daudet a fréquenté le romancier psychologique et mondain, puis le romancier catholique et traditionaliste que fut Bourget dans ses deux périodes littéraires. Léon Daudet fut baigné, enfant, dans les milieux littéraires, quand, dans le salon de sa mère, Julia Allard, il assista aux conversations des hommes de lettres, dont les Goncourt, Coppée et Bourget. Ce médecin, auteur du Stupide XIXe siècle en 1922, épousa en premières noces la petite-fille de Hugo. Romancier prolixe, avec un succès moindre que son père, Léon Daudet rejoignit Bourget par la thématique médicale et psychologique de ses romans, mais sans en partager l’esthétique. Le 7 décembre 1897, il fut convié avec son père, au premier Dîner Balzac réunissant Zola, Anatole France, Barrès, Coppée, Bourget. L’Affaire Dreyfus scinda, cependant, en deux camps les célèbres écrivains. Léon Daudet adhéra alors en 1897, comme sa mère et Bourget, à la Ligue pour la Patrie française de Lemaître, dont Coppée fut le président d’honneur. Après une rencontre avec Édouard Drumont, auteur de La France juive, Léon Daudet, déjà antiboulangiste, devint un polémiste antisémite et antidreyfusard virulent. Il fit siennes les théories de Maurras. Il fut avec ce dernier à l’origine de la création de la revue, puis du mouvement de l’Action française. C’est alors en disciple plus politique que littéraire de Bourget, que Léon Daudet s’affirma. Bourget fut désigné comme mentor de l’Action française lors du premier dîner de l’Appel au Soldat du 11 juillet 1900, tout en redoutant d’être « mêlé à des manifestations d’antisémitisme » (Pierre Bénard, Dictionnaire biographique et géographique de l’affaire Dreyfus, notice Paul Bourget). Si Léon Daudet fit un portrait élogieux et précis de Bourget dans ses Souvenirs littéraires, celui-ci ne lui accorda pas pour autant son amitié comme à Barrès, ou même sa sollicitude comme pour Maurras. Il souligna simplement l’esprit de « vigueur » de Léon Daudet quand il consacra, en 1906, un article à l’un de ses romans repris dans ses Pages de critique et de doctrine, en 1912.

Pour en savoir plus :
DAUDET, Léon, Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux de 1880 à 1905. 3e série, L'entre-deux-guerres, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1915, p. 247-253.




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